Tabouda : La Dame des Lieux et le Refuge de l’Âme
- Ssaisa's WORLD

- 1 févr.
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Tabouda... n’est pas seulement le village où je suis née, c’est le berceau de ma liberté et la source première de mon âme. Dans ses ruelles, j’ai appris l’alphabet de la culture, le sens de l’amour et le secret de l’altruisme. Elle m’a bercée dès mon enfance ; elle fut le premier espace à explorer mon innocence et le premier miroir où je me suis découverte.
Ses bâtisses antiques, héritées de nos ancêtres, ne sont pas de simples pierres muettes, mais une histoire vivante qui respire. Je me souviens encore comment ces murs, lors des nuits de fête, se transformaient en un théâtre de lumière et de joie collective. À Tabouda, on ne fête jamais seul ; c’est tout le village qui vibre à l’unisson. Là-bas, le sens de l’entraide s’incarne dans toute sa splendeur : petits et grands ne forment qu’une seule main, partageant les préparatifs dans des éclats de rire qui précèdent les actes. Les places se remplissent de tables généreuses, et des parfums exquis s’élèvent pour annoncer une nuit inoubliable, où la fatigue fond dans l’allégresse et où les ruelles étroites deviennent des artères irriguant le bonheur dans le cœur de chacun.
Je me suis souvent demandée : Est-ce moi qui ai habité ce lieu, ou est-ce lui qui m’habite au point d’être devenu une partie intégrante de mon être ?
Cette image me suit tel un rêve où que j’aille. Je l’ai aimée tout simplement, car elle fut la première beauté que mes yeux ont embrassée sur cette terre. Je l’ai toujours vue plus vaste que l’univers tout entier malgré sa petite taille, car elle m’a enveloppée de tendresse et de joie. Je me rappelle ses détails qui rayonnent de loin, et comment je parcourais ses sentiers sans jamais me lasser, comme si elle me tendait la main pour m’inviter à une nouvelle aventure à chaque tournant.
Ses allées sont pleines de vie, résonnant des rires et des cris des enfants. Ses petits jardins devant chaque maison ressemblent à des paradis miniatures où tout le monde — même les animaux — trouve paix et sécurité. C’est un village qui nous regarde toujours avec des yeux de mère ; il nous donne une force, un espoir et une liberté que l’on ne peut ni acheter ni feindre. Il est le seul capable d’enraciner en nous ce sentiment de véritable appartenance.
Peu importe les vastes contrées que je visite, Tabouda reste le giron qui m’accueille à chaque fois. Elle est cette « seconde mère » qui demeure debout et puissante malgré le passage des saisons et les changements du monde. L’architecture peut évoluer, le monde peut se transformer, mais le charme de Tabouda reste éternel, immuable et souverain.




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